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Le patro recherche des documents sur la rue de la République et son école ainsi que la place Keruscun

Le projet sur la mémoire du quartier Sanquer a débuté en 2007 sous l'impulsion du service "Démocratie Locale" de la mairie de Brest.

Vos souvenirs, anecdotes, photos d'époque peuvent être mis en ligne sur internet gràce au site http://www.wiki-brest.net/index.php/Portail:Mémoires

Prenez contact le secrétariat du patro pour déposer vos documents.

 

 

 

 

Action en cours: Nous recherchons tous documents concernant l'école République (Rue de la République). Merci de prendre contact avec le secrétariat du patro.


Questionnaire

Dans un premier temps (janvier 2009), un questionnaire a été transmis aux membres de la section "retraité".

Quartier
    1. Depuis quand fréquentez vous le quartier ?
    2. Est ce qu'il y a des évènements particuliers (sportifs, culturels...) dont vous ayez souvenir?
    3. Que faisiez vous dans le quartier étant jeune?
    4. Pouvez vous racontez des souvenirs autour de la place Keruscun ?
    5. Quel évènement, odeur, couleur, réveille en vous le souvenir de Sanquer?


Patro
    1. Depuis quand fréquentez vous le patro?
    2. Qu'est ce qui vous a amené à intégrer ce lieu?
    3. Quelle activité exercez vous au patro?

NB: Vous pouvez répondre à ce questionnaire sur papier libre et le renvoyer au secrétariat.

Galerie photos

En parallèle, nous demandons à tous les membres du patro d'amener les documents visuels (diapos, photos N&B, photos couleur...) concernant le quartier pour que nous puissions les numériser. Vous les trouverez prochainement sur une galerie photo sur ce site internet.

Voici la première photo N&B qui, je l'espère, ne sera pas la dernière:

Photos N&B

Les photos de cette galerie nous ont été fournies gracieusement par Jean-Yves. Malheureusement, elles n'ont pas de date.

Si elles vous rappelent des souvenirs, venez au secrétariat pour nous les raconter.

Les baraques du patro en 1946 rue Laënnec
en arrière plan: l'hopital Ponchelet

Tréteaux chantants

Notre ami, Jacques Ely, a mis en ligne ses recherches sur l'historique des Tréteaux Chantants qui ont été mis sur pied dans les années 1980 au PLM Sanquer.

Vous trouverez plus d'informations sur la page:

http://www.wiki-brest.net/index.php/Historique_des_Tréteaux_Chantants

Interviews

1) Annick
2) Claude
3)
4)
5) Marie Thérèse.com
6) Quelques souvenirs de mes deux années d’infirmière
7) Souvenirs de Loul Pouliquen (janv 2011)
8) Les patronages et nous, la famille Le Gall (octobre 2013)


1) Annick

Je suis née au 4 rue Pascal, ma mère y est née au même endroit, dans la même chambre. Elle y est restée jusqu'à 85 ans. J'ai habité rue Levot, au début de mon mariage jusqu'en 1968. J'ai continué à fréquenter ce quartier. J'y ai beaucoup de souvenirs, de connaissances, mais de regrets aussi...

J'ai fréquenté l'école maternelle de la rue de la République. Je n'y ai pas de bons souvenirs. Puis la primaire de la place Sanquer où là, par contre, j'ai eu des institutrices supers. L'une d'elles Mme Tilly m'avait donné un chaton. Puis, je suis allé sur la place au collège technique.

En primaire, j'ai participé avec toutes les écoles au XXX. Nous avions un prof de gym toutes les semaines, et j'ai fais du cross avec elle. Avec une de mes maîtresses Mme Pailler, nous avons fait un ballet que nous jouiions au Patro, rue Laénnec à l'époque. Plus tard, j'ai continué avec des dames du patronage à faire des ballets - Mme Lévénez, Henry, Le Gall - que de beaux moments.

En 1963, je me suis mariée avec un basketteur de Sanquer et avoir fait de nombreux déplacements quand l'équipe jouait en Nationale 2. Je me souviens également de la venue des Globes Trotters à Cerdan. J'ai suivi le basket de près, puisque mes deux garçons en on fait également. Faisant partie du conseil d'administration, nous avons fait le premier déplacement à Kiel.

Dans ce quartier, nous étions souvent dehors pour jouer. Je fréquentais le jeudi, la garderie du patro. Quelques années plus tard, j'y ai participé mais en tant que bénévole.

Souvenirs, il y en a tellement... Pour aller à l'école primaire, nous traversions un terrain vague (là où se trouve les logements SNCF). Beaucoup de romanichels et quelques petits cirques avec leurs roulottes s'installaient, des rempailleurs de chaises. Quand il faisait nuit, c'est en courant que l'on passait cet endroit. En face de ce terrain, là où se trouve maintenant le square de la place Sané. Il y avait des familles qui habitaient des baraques. Les abattoirs de la ville se trouvaient en face, où se trouve maintenant la Résidence Richelieu. La porte principale était boulevard Gambetta.

A l'endroit où est le patronage, quelques familles logeaient également dans des baraques. Un immense terrain qui nous servait d'aire de jeux et qu'on appellait les "Quais" s'étendat jusqu'à la rue Levot. Nous y jouions dans les arbres, construisions de cabanes, jouions à la petite guerre, embétions les clochards qui se réfugiaient dans les lavoirs du côté de Levot. Mais les lavoirs qui avaient ma préférence se trouvaient au dessous des maisons de la rue Pascal. Il y en avait 2; un avec des tétards, cressons, vases, insectes de toutes sortes, plantes plus une maison d'habitation plus que délabrée où habitait une dame du nom de Dagorn (plus tard c'est la mairie qui en fut propriétaire). L'autre lavoir servait pour la lessive, c'était un lieu incontournable du coin qui y venait laver leur linge. Chacune normalement avait sa place et son jour de lessive. J'y ai moi-même accompagné ma grand-mère, ma mère. Nous y descendions par un chemin escarpé, avec notre caisse, le battoir, bassines, seaux. C'était magique quand il faisait grand soleil. Les lavandières étendaient leur linge blanc sur l'herbe ou buissons. Il y avait aussi les commérages et des disputes. Printemps et été, il y faisait bon. C'était le paradis pour nous enfants. On était libre. Les parents rassurés, ils savaient où nous trouver. Nous organisions entre copains et copines, des scénètes, et les parents se retrouvaient le soir pour nous applaudir, jusqu'à la tombée de la nuit.

Plus grands, l'été nous descendions tous, garçons et filles, à la plage de St Marc, ou le Trichler. Le dimanche matin, un homme passait dans les rues en criant, crevettes, crevettes de l'Aberwrach. C'était un quartier agréable à vivre. Nous n'avions pas tous les commodités, donc corvée d'eau, de charbon. Mais on trouvait tous les commerces aujourd'hui disparus: boulangeries, boucheries, merceries, chausseurs, coiffeurs(ses), journaux, fournitures scolaires, etc... Quel gâchis, le monde a bougé trop vite, et on ne retrouve plus l'entraide, le contact avec les gens comme par le passé. Aujourd'hui, je suis toujours au patro. Je fais de la randonnée. Je joue aux cartes et participe aux repas communs. Le Guelmeur est mon lieu de résidence depuis 1968 mais mon quartier à une place importante dans mon coeur. Un de mes fils y habite et y travaille. Qui sait, un jour peut-être?

2) Claude

Je suis venu au patro en 1974, je crois. Mon fils voulant jouer au basket, je l'ai inscrit d'abord dans un club laïque ce qui était une priorité pour moi. Ensuite, je savais que Sanquer était une excellent école de basket. Par la suite j'ai appris à connaître le patro et je me suis aperçu que c'était beaucoup plus qu'un club de basket.

En 1975, je suis entré au CA, une première fois pour une durée de 3 ans. Puis, on m'a confié la création d'une section de Hand-ball qui, partit du plus bas niveau, montait chaque année d'une division. Notre équipe au bout de 3 ans avait une solide réputation dans la région brestoise. Mais devant les difficultés de faire entrer dans l'antre du basket-ball un sport étranger, nous avons du baisser les bras. Dommage, car nos anciens joueurs ont fait les beaux jours d'autres clubs.

Ensuite, je me suis mis à la disposition de la section basket. Avec mon ami, Guy, nous avons géré l'équipe féminine, Guy s'occupant de la partie technique (du chinois pour moi), et pour ma part de l'état psychologique des troupes (pas une mince affaire chez les filles !).

Après je suis entré de nouveau au CA pour une durée de 3 ans. Maintenant, pensant être frappé par la limite d'âge, je suis inscrit à la section "Retraités" où je coule des jours paisibles en tant que consommateur (carte, marche...).

3)

Je suis né en 1941 rue Kérivin. A l'époque les femmes accouchaient à la maison. C'est le quartier Kéruscun qui était pour nous le quartier Sanquer.

En 1946, le patronage laïque Sanquer-Pilier Rouge s'est créé rue Laënnec à deux pas de chez moi, ainsi que l'école maternelle qui se touche, construit en baraques françaises comme beaucoup de quartier après la guerre (il y avait également des baraques américaines).

Mes parents et mes grands parents comme beaucoup de bénévoles aidèrent à la création de ce fameux patro. Mes grands parents y étaient même concierge. La section théâtrales s'est créée et elle eut un énorme succès, la section basket également.

Des kermesses, des bals costumés, avec la section danse sont organisées, c'étaient de grandes fêtes qui attiraient beaucoup de jeunes. La garderie du jeudi après-midi avec les femmes du patro, bénévoles bien évidemment, les pique-niques du dimanche, c'était formidable. On allait souvent à pieds soit à Kéralliou, Prince Russe, St Anne. Le fameux pique-nique de Kélern où l'on descendait au port de Commerce reprendre le bateau. Les anciens tiraient la charette à bras car malgré la guerre finie, on ne partait pas sans munitions. Après une journée bien remplie où des jeux étaient organisés (course en sac...), le retour était laborieux avec une remontée de la charette malgré son poids plus léger (précisons qu'à l'époque, les bouteilles de verre étaient consignées... sans commentaire) mais toujours en chantant.

Les écoles publiques et les patronages laïques organisaient la fête des écoles. Chaque patronage construisait un char. Les écoles préparaient les défilés et les danses qu'on appelait les "lendits". On démarrait au bas de la ville et on défilait jusqu'au stade A.L.B. devant une foule de personnes. Chaque patro défilait derrière son char ainsi que les écoles publiques où on finissait tous au stade par une grande kermesse et des danses.

Le théâtre du patro avait un énorme succès. Le samedi après-midi avant les représentations, nous mettions des chaises. Il faut dire que la salle était toujours pleine. Les trois premiers rangs étaient réservés à un certain public privilégié sur invitation accompagné par leur épouse (surnommées les dames au chapeaux verts).

Bien sûr après l'école maternelle Laënnec, mes copains et moi-même allions à l'école Sanquer. Mon père et mon grand père y étaient également allés... Mes copains et moi faisions le chemin ensemble à l'aller comme au retour par les "quais", très connus par les jeunes du quartier. C'était un énorme trou où se trouvaient quatre lavoirs et un ruisseau à l'endroit où se trouve notre patro actuel.`

Inutile de vous dire que le passage des quartiers n'était pas simple... Les arrivés ne passaient pas inaperçues après quelques chutes dans le lavoir, il fallait allumer le poêle à charbon dans la classe...

En 1963, je me suis marié pour habiter rue Levot, encore à deux pas du nouveau patro qui se créa en 1966 après avoir comblé les "quais". Ainsi une partie des patros est construite sur des remblais...

La section basket a eu très bonne réputation. Mes copains et moi passions notre temps sur le terrain en plein air. Nous étions champions du Finistère et de Bretagne en cadets et juniors. Nous jouions dans la salle Cerdan et avec une super ambiance et une franche camaraderie que nous avaient enseignées nos anciens, nous avons atteint la nationale 2. Niveau jamais atteint jusqu'alors à Brest, ni dans ses environs. Il faudrait plusieurs tomes pour expliquer tous les évênements. Les couleurs, c'étaient le "rouge et vert": le drapeau du patro le vert et le rouge la couleur de nos maillots.

Pour les odeurs, je sais que ça ne sentait pas le soja... La grève de St Marc et Kérangat étaient nos joies avant que Mr Lombard comble les grèves merveilleuses (surnommées par la suite, la mare à Lombart). Je suis toujours dans ce patro ainsi que certains copains, malheureusement beaucoup d'autres nous ont quittés.

4)

En 1881, la ville entreprit de construire un abattoir boulevard Gambetta. Il ouvrit en 1888. Puis, il servit de caserne temporaire avant de disparaître.

A la mort de Mr Sanquer, adjoint au maire, la place et l'école ont pris définitivement son nom.

La rue de Gasté doit son nom à un député de Brest, Joseph Gasté, ingénieur de la marine, sorti de polytechnique et issu d'une très riche famille normande.

5) Marie Thérèse.com

J’ai fait mes études d’infirmière de 1948 à 1950 à l’école d’infirmières de la Croix Rouge Française. Les cours théoriques étaient donnés à l’école en baraques, au dessus du boulevard Gambetta et les stages pratiques à Ponchelet qui, pendant l’occupation, était devenu l’hôpital public, et l’est resté jusqu’en 1953 à l’achèvement de l’hôpital Morvan.

Après mon diplôme d’état, j’ai créé, en 1952, un cabinet d’infirmière libérale à l’Octroi, rue Jean Jaurès. Je me suis donc retrouvée très vite « l’infirmière » du quartier Kérivin – Kéruscun. Il est vrai que je démarrais ma carrière avec l’enthousiasme de ma jeunesse et la vocation qui m’a toujours guidée.

Kérivin – Kéruscun, avec ses petits commerces (alimentations, boulangeries, boucheries, charcuteries, bars, bureaux de tabac) était un village dans la ville. Nous sortions de la guerre et les appartements et immeubles reconstruits à la hâte n’offraient pas encore le confort moderne.

Certaines personnes, âgées pour la plupart, n’avaient qu’un évier pour évacuer les eaux usées mais pas d’eau courante. Il fallait aller chercher l’eau aux bornes d’eau potable dans les rues.

Le chauffage au charbon dans une cuisinière était la seule source de chaleur. Bien sûr au fil des années (38 ans), ma clientèle s’est étendue au-delà de ces limites mais quand je plonge dans mes souvenirs, je pense que c’est dans ce secteur que j’ai passé les meilleurs moments de mon métier. Ces gens simples, issus de milieux modestes, m’ont apporté tant de témoignages de confiance et d’amitié que je leur garde un coin dans mon cœur.

Cette confiance exigeait d’être irréprochable et discret car ce qui était dit en haut d’une rue avait vite fait le tour du quartier. Certains de mes confrères et consœurs l’ont appris à leurs dépens et même la compétence de certains médecins était parfois injustement mise en cause. C’était comme un village, avec ses cancans, ses bavardages mais aussi une solidarité immense que l’on ne trouvait surement pas dans les beaux quartiers du centre ville.

Le quartier a-t-il gardé son âme ? Tous ces petits commerces ont disparu.

La solidarité existe-t-elle toujours ? Je m’efforce de le croire mais je pense que malgré l’eau courante et le chauffage central, les gens qui ne se rencontrent plus sont sans doute moins heureux.

6) Quelques souvenirs de mes deux années d’infirmière - stagiaire à Ponchelet

L’Asile Ponchelet est devenu l’hôpital brestois pendant la guerre et ensuite jusqu’à l’achèvement de l’hôpital Morvan en 1953.

On y trouvait bien sûr le personnel médical et paramédical, les administratifs mais aussi des personnes que l’on appelait les « Incurables ». Ils n’avaient pas été transférés comme les personnes âgées mais gardés à l’hôpital où ils rendaient de menus services. Parmi eux de curieux personnages : Roger, tout petit, mais n’ayant aucune forme de nanisme ; Alexandre, dont j’ignorai la nature du handicap mental. Très diminué, il était cependant très sensible aux jolies filles. Noël, un très bon électricien mais diminué mentalement et physiquement après une électrocution. Les religieuses qui occupaient les postes de surveillantes avaient souvent recours à lui car il n’avait rien perdu de son savoir-faire.

Un jour par semaine, ils avaient une permission de sortie et allaient dépenser leur petit pécule au bistrot. Ils oubliaient souvent de rentrer et les élèves infirmières, accompagnées d’une religieuse, devaient souvent aller les chercher.

Parmi les différents services hospitaliers, il y avait un dispensaire anti-vénérien où venaient chaque semaine les prostituées recensées. C’était un défilé haut en couleurs et les jeunes stagiaires que nous étions apprenaient avec elles, dans un langage peu académique, à combler les lacunes de leur éducation sexuelle.

Il y avait aussi le « Bon Pasteur » où se trouvaient les enfants orphelins, abandonnés ou retirés à leurs parents et confiés à la DDASS. C’est au « Bon Pasteur » qu’on confiait les enfants nés sous X dont les mères avaient vécu leur grossesse à la Maison Maternelle de St Marc. C’est à moi qu’on confia, un jour, le soin de porter un bébé né sous X au Bon Pasteur. Je longeais l’un des couloirs sombres qui reliait les pavillons entre eux lorsque j’entendis courir derrière moi. C’était la grand-mère qui se précipitait pour récupérer… un châle dans lequel on avait enveloppé le nouveau-né !

Autre souvenir marquant : la manifestation sanglante de 1950, au cours de laquelle un syndicaliste fut tué (Edouard Mazé) et de nombreux autres blessés. J’étais stagiaire en « chirurgie hommes ». J’avais fini mon service et rentrais chez moi, quand, à la hauteur de St Martin, j’entendis des sirènes de police, puis le crépitement des balles, et très vite ce fut un ballet d’ambulances, toutes sirènes dehors. Je fis demi-tour et arrivai à Ponchelet en même temps que les premiers blessés. La religieuse, chef de service, m’accueillit à bras ouverts. A ma question, elle répondit que c’était une manifestation qui avait dégénéré. « Mais qui sont ces blessés ? – Des communistes ! » me dit-elle, comme si elle avait vu le diable en personne, ce qui ne l’empêcha pas d’être extraordinaire de compétence et de dévouement. Les ambulances se succédaient. Il y avait du sang partout. L’un des manifestants (Yves Cozien, mort récemment) dut être amputé. J’entends encore les cris de sa femme apprenant cette nouvelle. J’étais horrifié d’apprendre que c’était des français, les gardes-mobiles, qui avaient tiré sur d’autres français, les syndicalistes de la CGT.

7 - Souvenirs de Louis POULIQUEN dit Loul

Je suis né en 1922. Je vivais en baraques à Kérédern, puis j’ai habité rue Yves Collet. Ma mère venait laver son linge au lavoir qui se trouvait à la place du patro actuel. Nous les enfants, on jouait avec les hannetons, et les têtards. C’était loin d’être propre. Il y avait plusieurs lavoirs, et beaucoup de place entre eux, pour bien étendre le linge au soleil. Un ruisseau traversait les « quais ».

Je suis allé à l’école à Sanquer, et j’ai commencé à jouer au basket à la Milice de St Michel, rue Branda, vers l’âge de 8 ou 9 ans. Je fus champion de Bretagne, et deux dimanches de suite nous sommes allés en car à Saint Brieuc, c’était formidable pour nous les gamins. Ca semblait être le bout du monde, quel beau souvenir !

Puis, je suis venu au Patro Sanquer en 1947, pour jouer au basket avec mes copains. Mais comme le Patro St Michel a très mal pris la chose, j’ai été interdit de jouer pendant six mois ; ils m’ont retiré ma licence pour me punir. Mais par la suite, j’ai gagné les matchs contre St Michel, et je me suis bien vengé. J’ai remporté le championnat, et je shootais par-dessous le genou, ça s’appelait à le fillette …Je faisais aussi du Théâtre, mais c’est surtout le Basket qui a rempli ma vie.

J’ai rencontré ma femme Annie au Patro. Elle jouait aussi au basket, et en 1950 nous avons eu les honneurs de la presse. Je fus capitaine de l’équipe masculine, et ma femme aussi fut capitaine de son équipe. Le basket a vraiment été mon dada.

J’ai été aussi trésorier adjoint du basket, et du tennis de table, et plus tard président de la section de basket, et du tennis de table aussi. Mais je préférais entraîner et manager. Je n’aimais pas beaucoup me montrer sur le devant de la scène. J’ai été l’entraîneur de nombreux jeunes au Patro, et j’ai créé la section tennis de table où je fus par la suite président.

J’ai bien connu Alexis Corre qui était le docteur du patro, mais aussi des taulards, et des péripatéticiennes.

Pour la fête des écoles, chaque patronage faisait un char fleuri. Chaque année il y avait un nouveau thème, Jean Omnès une année a fait Robinson Crusoè. C’était beaucoup de travail pour faire les chars, il aurait fallu des personnes avec du bon matériel. C’était Speck qui sponsorisait les chars…

Le radio crochet date à peu près de 1981, à un an près. Les personnes qui assistaient au radio crochet donnaient un franc, et avaient droit à un café ou un thé, et un croissant ou une brioche. Une année le patro attendait 300 personnes, et il y en eut facilement 400. On était débordé par le succès, par la suite, on a du faire appel à la Mairie …

En ce qui concerne les fêtes de quartier, il y avait un pardon tous les ans dans le quartier. Les gens venaient loin faire une grande marche, c’était très connu. Il y avait beaucoup de commerces à cette époque dans le quartier, des cordonneries, des boucheries, des alimentations, les docks de l’Ouest, des charcuteries, une boucherie chevaline, et chez Lajoue, bureau de tabac place Kéruscun.

Je suis entré à l’arsenal à l’âge de 14 ans, et j’y ai fait ma carrière dans l’artillerie avec Jean Le Bars et Charlot Le Roux appelé « le chef de gare » (pendant la guerre il est allé comme chef de gare à Bohars et ce surnom lui est resté).   

Les Patronages et Nous (famille LE GALL) 
(par Monique Le Gall)

Si l’implication de la famille dans les patronages laïques ne dura pas très longtemps, elle n’en fut pas moins intense pour autant.

Ma mère, Marcelle Morvan, fut la première à fréquenter un patro. Son père, Marcel, s’occupait de sport, de basket, à l’Etoile Rouge qui avait des attaches avec le patronage du Pilier Rouge. C’est ainsi qu’elle s’est trouvée propulsée tant dans l’équipe de basket que sur les planches pour chanter. Elle débuta par un air de l’opérette  « Madame Angot » de Charles Lecoq. Beaucoup d’autres chants suivirent, elle était soprano légère. Elle avait 16 ans. Sa participation dura jusqu’ au moment de la guerre.

Puis Marcelle rencontre Pierre. Comme beaucoup de familles brestoises, la famille LE GALL ayant tout perdu lors des bombardements trouvera refuge dans la Sarthe.

En 1946, de retour à Brest, au Bouguen dans les baraques américaines. La famille s’est agrandie, et Pierre et Marcelle fréquentent le Patronage Guérin où ils sont embauchés dans une revue où ils tiennent les rôles de compère et commère. Ils chantent et font les intermèdes entre chaque numéro, lui en Père grincheux, elle en « Folie » meneuse de revue Cette revue voyage au Patronage Saint Marc, dans une salle à Saint Renan, au Patronage de Recouvrance... Elle a remporté un franc succès. 

 

Et des noms reviennent à la mémoire de Marcelle et Pierre : Jo et Pastis, les clowns, Gégéne le concierge, Marcel Goavec fils d’un des fondateurs de la Maison du Peuple à Brest, Mr Manach actif dans le montage des revues, Alain Caro.

Par le biais d’une connaissance commune, Madame Boivin, épicière au Bouguen, Pierre et Marcelle font la connaissance de Monsieur Gaugenot, Jeannette et Gégène Bouilliol, Yvon Le Troquer et sa femme Mimi, tous anciens de la Maison du Peuple.

Je me souviens d’Yvon et Mimi chantant « Les jeunes filles de bonne famille ont des nattes dans le dos, qui s’en vont à la godille sur leur joli caraco ». Mimi coiffée de tresses et habillée court sautillait comme une gamine sur la scène

Durant un an Marcelle et Pierre arrêtent leurs « exhibitions ». Puis, c'est une reprise régulière à Recouvrance, dans des soirées où Marcelle apporte sa voix soit en duo avec Jeannette Bouilliol, soit seule lors de kermesses.

Pierre et Marcelle se déplacent dans les différents patronages de Saint-Pierre, Quatre Moulins, Saint-Marc ce qui leur a valu de connaître des gens bien sympathiques et de bons chanteurs.

 Durant l'été 1954 la famille quitte le Bouguen pour le 23 rue Kéruscun, et c'est courant 1955 qu’ils s’inscrivent dans la troupe du patronage Sanquer  installé dans des baraquements rue Laennec, proche de la rue Kéruscun.

J’ai un vague souvenir du cinéma éducateur tenu par Jean Hénaff et Alexis Gloaguen. Et puis aussi d’une sortie au Trez-hir.

Avec mon frère et ma sœur nous fréquentons l’école Sanquer, sectorisation oblige, alors que l’école du Pilier Rouge était si proche !

A l’école Sanquer j’ai eu pour institutrices Mme Angué (pardon pour l’orthographe) Mme Paillier et Mademoiselle Le Gall. Monsieur Aristarque venait nous donner des cours de chant chorale. Mais je n’ai pas souvenance de prestations hors de l’école.

Au patro Sanquer, Pierre et Marcelle sont bien sollicités, ils sont acteurs tous les deux. Ils démarrent leurs prestations dans une petite pièce de Courteline : "La Cinquantaine".

Grimés en clochards,  ils arrivaient  par la porte d'entrée principale afin de remonter la salle parmi le public vers la scène, tout en s’injuriant, pour les besoins de la pièce, les policiers (en faction dans toutes les salles de spectacles à l’époque) ne voulaient pas les laisser entrer. Heureusement, à la porte il y avait un gars du patro qui leur a expliqué l'affaire. Il faut dire que le maquilleur avait fait des merveilles, il avait travaillé dans une troupe de théâtre. (Sa femme était pianiste)

Un ou deux ans plus tard, avec Raymond et Suzanne, mon frère et ma sœur, je suis aussi montée sur scène avec d'autres jeunes inscrits au patronage. Danses écossaises, petite pièce "cow-boy" avec dance et chants, et "Sur un Marché Persan".

Les dates ne sont pas précises, mais je pense que j'avais 12 ou 13 ans (1957-1958) quand nous avons fait les danses écossaises. Je revenais de colonies de vacances, et un moniteur nous avait appris quelques danses. Cela m'avait tellement plu que j'ai fait acheter le disque de James Cameron par mes parents. Et il  me fut facile d'enseigner à mon tour les pas que j'avais appris. Nous n'étions que huit, il faut dire que la scène n'était pas bien grande et nos déplacements enjoués la remplissaient largement.

 

La petite pièce "cow-boy" fut montée autour de chansons bien connues à l'époque.

Cela se passe bien évidemment dans un saloon. Jenny (Jeanine) entre et chante "La belle de l'Ohio". Jim (Raymond) et Dany (Danielle) chantent "Quand allons-nous nous marier ?" Cette chanson se terminant par une menace du cow-boy sur sa dulcinée, Irma (Monique-moi donc) arrive et met de l'ordre et entonne "La fille du Cow-boy" (C'est moi qu'on appelle Irma...). Et la scénette se terminait par une "Polka du cheval" endiablée tirée d'un 45 tours de Marc Taynor et ses Cow-boys. Je vous passe les dialogues et autres arrangements.

Avec mes parents, nous avons retrouvé ce petit disque accompagné de feuilles de cahier bien jaunies, le petit scénario écrit au stylo bleu, c’est grâce à cet écrit que j’ai pu retrouver les prénoms des copines.

Le Marché persan ne plût pas au corps enseignant. Sur la musique de Kételbey, Pierre et Marcelle avaient imaginé une scène de marché : des vendeurs de légumes qui arrivaient avec leurs paniers, le dresseur de serpents (Jean Jacques Lamouche), le marchand d'esclave (Raymond) qui faisait claquer son fouet auprès de trois ravissantes esclaves (Jeanine, Annick,  moi). Un Prince (Danielle) arrive et craque pour la petite esclave (Annick ) mais il achète les trois !

Elles n'ont pas apprécié, ah ! Les institutrices.

Pour cette mise en scène, Marcelle a eu les conseils de Madame Ely (c'était une ancienne maitresse de la danse de la Maison du Peuple), conseils aussi pour les costumes. Mme Herry qui habitait je crois rue Pascal aida beaucoup à la confection des costumes.

Si le spectacle n'avait pas eu l'air de plaire aux institutrices, les amis du patro ainsi que Mimi Trimis et Jeannette Bouilliol, venues de Recouvrance avaient été enchantés.
Madame Lamouche, pianiste, offrait son concours aux diverses manifestations. Son fils, Jean-Jacques était aussi musicien. Il a aussi participé à des spectacles. 


 

Et les souvenirs remontent : il y avait ce ténor, François Cloarec, plâtrier de son état, qui avait une voix de ténor magnifique, il chantait en solo « Toujours sourire, le cœur malheureux… » et en duo avec Marie Claude Herry « Prendre le thé à deux… » du  Pays du Sourire de Franz Léhar.

Il y avait d’autres belles voix au patro, celle de Fanch Carn, de J Le Gall.  Et tant d’autres mettant leur talents, leurs compétences, leur temps au service du patronage, dans un pur bénévolat.

Quand avons-nous cessé les activités au patronage Sanquer ?   Sans doute au moment où la section théâtrale a cessé, en 1959.

Marcelle a continué de chanter au patro de Recouvrance.


Marcelle et Pierre intégreront la troupe des « Comédiens chantants » mais ils n’y resteront pas longtemps, n’y retrouvant pas l’humeur joyeuse et bon enfant des patronages laïques.

Nous avions peu de photos du passé familial dans les patronages.

Cet été, rendez-vous pris, Monsieur Marcel Bodin m’a reçue au Patronage Sanquer et m’a fait une visite guidée des lieux, nous avons cherché dans les archives d’éventuelles photos, mais rien de plus que celle que j’avais du groupe des filles en écossaises. Par contre, que de photos des sportifs !

Je suis repartie avec un cadeau : le livre de Gérard Le Gall « Le Rigadin ». Marcelle et Pierre l’ont lu avec plaisir, moi aussi.

J’ai trouvé dommage que tous ces gens que nous avons connus ou non, ceux qui ont donné leurs temps pour que vivent les patronages, en faisant venir de l’argent dans les caisses, soient si peu présent dans les archives. C’est pour cela que je me suis permise ce petit écrit.

Monique Le Gall - Octobre 2013

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